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MEPHEDRONE

« Research chemicals », « legal highs » ou « designer drugs » sont les appellations d’un éventail de substances qui imitent les effets de l’ecstasy et/ou de l’amphétamine. Leur diffusion profite de la montée du trafic de substances sur le réseau Internet depuis 2007 environ. Certaines d’entre elles semblent d’ailleurs se diffuser uniquement par l’intermédiaire de ce média. En France, elles ont comme particularité d’être presque toutes en libre circulation. En outre, on ne dispose que de très peu d’informations sur leurs effets et leur toxicité. Même si sa diffusion reste marginale par rapport à l’amphétamine et l’ecstasy, la méphédrone est, à ce jour, la plus connue de ces nouvelles molécules. Cette note fait dans un premier temps le point sur cette substance avant d’examiner les informations relatives à l’ensemble de ces produits.

La méphédrone a retenu récemment l’attention médiatique Outre-Manche en raison de son implication supposée dans des décès de jeunes personnes. A Londres, mi mars, deux adolescents de 18 et 19 ans ont été retrouvés décédés dans leurs domiciles respectifs après avoir, vraisemblablement consommé de la méphédrone, lors d’une soirée festive. Dans le même temps, selon une dépêche AFP du 17 mars 2010, six autres personnes auraient également été hospitalisées après consommation de méphédrone. Cette dépêche AFP rapporte que ces six cas sont survenus une semaine après l’intoxication de « 180 élèves de l’enseignement secondaire qui auraient consommé cette poudre disponible sur internet » dans une école du Leicestershire. Le cas le plus récent est rapporté par un article du Guardian du 23 mars 2010. Une femme de 24 ans serait morte « 48 h après que des proches l’ont vu prendre de la méphédrone, probablement en association avec d’autres produits ».
A ce jour, aucune analyse n’a encore montré que la méphédrone était directement responsable de ces décès ou des hospitalisations. Très peu d’informations issues de la recherche sont disponibles dans la littérature scientifique sur cette substance. Les sources d’information de cette note sont essentiellement constituées :
· par le réseau SINTES (Système d’identification nationale des toxiques et des substances) et fondées sur des analyses de produits et les discours des usagers. Ces derniers ont également été recueillis dans les forums d’usagers de drogues sur Internet
· par le site www.erowid.org, site de référence en matière d’effets des substances psychoactives, basé aux Etats-Unis
· par l’OEDT (Observatoire Européen des drogues et des toxicomanies) qui, en collaboration avec Europol (organisme de coopération européenne en matière policière) rapporte à l’OFDT les saisies effectuées par les pays de l’Union Européenne.

Les points importants :
1- La méphédrone (4 méthcathinone, 4 MMC, appelée aussi « Meow Meow » ou « ’M-Cat ») est un stimulant de synthèse de la famille des cathinones, proche de la famille des phénéthylamines (contenant la MDMA et l’amphétamine).
2- Ses effets sont proches de ceux de l’ecstasy et de l’amphétamine mais sont moins puissants : elle est empathogène, euphorisante et anorexigène (diminuant l’appétit). D’après le site erowid.org, les effets surviennent quelques minutes après une prise de méphédrone (par sniff) ou après 45 minutes (voie orale). L’effet propre du produit dure 2 à 3 heures. Le temps de retour à un état normal est très variable selon les personnes. Certains décrivent une deuxième phase très violente, caractérisée par des crises d’angoisse et de paranoïa, des maux de tête importants, notamment avec des effets de « brainzap » (sensation de recevoir des décharges électriques). Cette phase est décrite comme longue, pouvant s’étendre sur plusieurs jours.
3- Les effets secondaires possibles sont des tachycardies, une forte irritation nasale suite à l’inhalation de la poudre, un bruxisme (grincement compulsif des dents) ainsi qu’une nervosité et une forte envie de reprendre immédiatement une autre dose. Une vasoconstriction périphérique ainsi qu’une perte de mémoire (réversible) à court terme ont également été signalés. Il existe très peu d’informations sur sa toxicité à long terme, sur son potentiel de dépendance et sur ses interactions avec d’autres psychotropes.

Article complet disponible sur le site de l’OFDT


 
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